Premier samizdat
Par Jean-Marie Le Ray, lundi 25 avril 2005 à 03:59 :: General :: #1 :: rss
Aujourd'hui en Italie, c'est la fête de la Libération. Je me suis accordé un jour de repos et la lecture d'un San-Antonio, mon péché mignon ! Celui-ci s'intitule « Après vous s'il en reste, Monsieur le Président », et il ne me laissera pas un souvenir impérissable, si ce n'est deux ou trois citations, dont celle-ci :
« Il est ... (d)es pages non écrites, laissées à notre discrétion, sur lesquelles nous tentons maladroitement de tracer des bribes de notre destin ».
C'est un peu ce que j'ai essayé de faire depuis plus de 30 ans que je m'adonne à la poésie (mis à part quelques essais d'adolescence, j'ai commencé à écrire mes premiers poèmes à 18 ans, j’en ai 48 à présent), période pendant laquelle j’ai commis presque 300 pièces et sept ou huit recueils poétiques, dont (presque) rien n'a jamais été publié, même si ce n'est pas faute d'avoir essayé.
Malheureusement, j’ai dû compter autant de refus d'éditeurs que de lettres envoyées. Pourtant, je n’ai jamais renoncé, j’attendais juste que l'occasion se présente. Maintenant c'est chose faite, avec le mariage du Samizdat et de l'Internet, d’où l’e-samizdat, le samizdat électronique.
Samizdat est un terme qui m'est familier, chose probablement due à mon âge, et dont la signification profonde conquise de haute lutte s'oppose à des relents de guerre froide, lorsque samizdat était synonyme de « littérature sous le manteau, d'œuvres de dissidents, de messages de déportés, etc. »
Jusqu'au jour où le véritable sens du mot russe a illuminé mon entendement. Je l'ai découvert dans « Le Vertige », un récit d’Evguénia S. Guinzbourg, dans l'Index placé en fin du 2ème volume, intitulé « Le Ciel de la Kolyma ». Le voici :
SAMIZDAT : « éditions de moi-même », nom ironique et désormais classique formé en imitation de Gossizdat, éditions d'État, et qui désigne toute la littérature clandestine circulant sous forme de copie manuscrite ou dactylographiée. (Les livres imprimés en Occident, eux, ont reçu le nom de Tamizdat, « éditions de là-bas »).
C'est une signification doublement lourde, lourde de sens et lourde à porter. Plus ironique du tout. J'espère que j'en serai digne.

Commentaires
1. Le mercredi 24 mai 2006 à 03:30, par Jean-Marie Le Ray :: site
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.