Au lecteur hypothétique, il pourrait sembler que ces deux recueils sont deux blocs isolés n’ayant de commun que la forme retenue. Rien ne serait plus faux !

Une phrase, cueillie au hasard de mes lectures*, nous laisse entrevoir un premier lien :

« Dès 1934, Simone Weil faisait allusion à la tragédie de Sophocle, si proche de nous, en comparant le chômeur à Philoctète abandonné sans son arc sur une île déserte, tous deux illustrant le drame de la fragilité humaine et de la solitude. »

Le deuxième, plus secret, est intimement ancré en mon for intérieur sans que je puisse le formuler. Son levier puissant est la colère :

Inspiration

1.

Le travail commence en dedans ; au dehors il se dilate

au point d’envahir prestement les mains, d’atteindre les limites du souffle.

Vois : la volonté touche au cœur de la pierre une corde profonde

Lorsque la pensée appréhende une certitude

le cœur et la main atteignent ensemble la cime la plus haute.

Ce fil à plomb, cette certitude de l’esprit, cette certitude des yeux

tu dois les payer généreusement.

La pierre te transmet toute sa puissance, le travail mûrit l’homme

qui en reçoit l’inspiration pour un bien difficile à gagner.

Le travail génère la croissance du cœur et de l’esprit

pour modeler tant de personnes et d’événements importants

Au milieu des marteaux mûrit l’amour

que des couvées d’enfants emmèneront jusqu’à demain

en chantant : « Une tâche immense a été accomplie dans le cœur de nos pères. »

2.

L’inspiration ne s’arrête pas aux mains. Jusqu’aux racines de la pierre

elle descend à travers le cœur de l’homme, sa propre racine.

De là se ramifie dans le sol l’histoire des pierres

et dans les hommes l’équilibre que conquiert l’amour à travers la colère.

Ces deux forces conduisent l’homme et jamais ne s’épuisent dans les hommes

jamais ne s’arrêtent, ni à la tension des bras ni aux battements secrets du cœur

Elles naissent l’une de l’autre et soudées forgent un levier

qui unit battements et pensées dans un anneau insécable.

Homme, si tu veux venir de loin, entrer dans les rangs des hommes et y rester

Étreins ces deux forces dans des mots très simples

(ne brise pas ton langage à la tension du levier

que forment la colère et l’amour)

Et personne ne pourra plus t’arracher à l’homme

Non, jamais personne ne pourra plus Te séparer de lui.

Karol Wojtyla

__________________

* In Universalia 99, p.338, introduction de l’article intitulé La philosophie à l’épreuve du travail, signé par Sylvie Courtine-Denamy.

Jean-Marie Le Ray

Les pressé(e)s remarqueront que j'ai mis en lien les fichiers PDF à télécharger dans leur intégralité. Si ça vous chante vous pouvez toujours reproduire mes poèmes, je vous serai juste reconnaissant de bien vouloir citer la source et de faire un lien vers Les Éditions de moi-même.

Mais si vous souhaitez me lire à petite dose (ce qui serait peut-être préférable), je publierai mes poèmes au gré de mes envies et de mon inspiration, probablement dans le désordre... Alors revenez me voir de temps en temps, une visite entre amis, ça fait toujours plaisir !

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