An 2000 - Diptyque en vers et contre tout
Par Jean-Marie Le Ray, samedi 22 avril 2006 à 03:04 :: General :: #2 :: rss
Au lecteur hypothétique, il pourrait sembler que ces deux recueils sont deux blocs isolés n’ayant de commun que la forme retenue. Rien ne serait plus faux !
Une phrase, cueillie au hasard de mes lectures*, nous laisse entrevoir un premier lien :
« Dès 1934, Simone Weil faisait allusion à la tragédie de Sophocle, si proche de nous, en comparant le chômeur à Philoctète abandonné sans son arc sur une île déserte, tous deux illustrant le drame de la fragilité humaine et de la solitude. »
Le deuxième, plus secret, est intimement ancré en mon for intérieur sans que je puisse le formuler. Son levier puissant est la colère :
Inspiration
1.
Le travail commence en dedans ; au dehors il se dilate
au point d’envahir prestement les mains, d’atteindre les limites du souffle.
Vois : la volonté touche au cœur de la pierre une corde profonde
Lorsque la pensée appréhende une certitude
le cœur et la main atteignent ensemble la cime la plus haute.
Ce fil à plomb, cette certitude de l’esprit, cette certitude des yeux
tu dois les payer généreusement.
La pierre te transmet toute sa puissance, le travail mûrit l’homme
qui en reçoit l’inspiration pour un bien difficile à gagner.
Le travail génère la croissance du cœur et de l’esprit
pour modeler tant de personnes et d’événements importants
Au milieu des marteaux mûrit l’amour
que des couvées d’enfants emmèneront jusqu’à demain
en chantant : « Une tâche immense a été accomplie dans le cœur de nos pères. »
2.
L’inspiration ne s’arrête pas aux mains. Jusqu’aux racines de la pierre
elle descend à travers le cœur de l’homme, sa propre racine.
De là se ramifie dans le sol l’histoire des pierres
et dans les hommes l’équilibre que conquiert l’amour à travers la colère.
Ces deux forces conduisent l’homme et jamais ne s’épuisent dans les hommes
jamais ne s’arrêtent, ni à la tension des bras ni aux battements secrets du cœur
Elles naissent l’une de l’autre et soudées forgent un levier
qui unit battements et pensées dans un anneau insécable.
Homme, si tu veux venir de loin, entrer dans les rangs des hommes et y rester
Étreins ces deux forces dans des mots très simples
(ne brise pas ton langage à la tension du levier
que forment la colère et l’amour)
Et personne ne pourra plus t’arracher à l’homme
Non, jamais personne ne pourra plus Te séparer de lui.
__________________
* In Universalia 99, p.338, introduction de l’article intitulé La philosophie à l’épreuve du travail, signé par Sylvie Courtine-Denamy.
Les pressé(e)s remarqueront que j'ai mis en lien les fichiers PDF à télécharger dans leur intégralité. Si ça vous chante vous pouvez toujours reproduire mes poèmes, je vous serai juste reconnaissant de bien vouloir citer la source et de faire un lien vers Les Éditions de moi-même.
Mais si vous souhaitez me lire à petite dose (ce qui serait peut-être préférable), je publierai mes poèmes au gré de mes envies et de mon inspiration, probablement dans le désordre... Alors revenez me voir de temps en temps, une visite entre amis, ça fait toujours plaisir !

Commentaires
1. Le mercredi 24 mai 2006 à 03:32, par Jean-Marie Le Ray :: site
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